Le comédien est devenu policier ! Reconversion

Valérie Duby, Le Matin

roberto bestazzoni acteur de cinema devenu policier Au cinéma, Roberto Bestazzoni était le soldat qui arrête Jésus. Aujourd’hui, il patrouille à Carouge (GE). Valérie Duby  On peut dire qu’il a effectué une reconversion à 180 degrés. Roberto Bestazzoni, 51 ans, a «vécu, survécu mais aussi bien vécu» trente ans du métier de comédien. Et puis, en 2012, il a eu envie de changer. Marre d’attendre à côté du téléphone. Marre d’être un peu «passif». «J’ai eu deux enfants, un peu tardivement. En fait, je fais tout un peu tard! Un ami m’a parlé de la police municipale. J’avais en poche, même si je l’avais mis aux oubliettes, un CFC de mécanicien de précision. J’ai fait une offre spontanée à Carouge, où je vis depuis des années, effectué les tests d’admission, commencé l’école, et j’ai réussi», sourit Roberto Bestazzoni. Il rigole beaucoup, le policier municipal né au Locle, reconnaissant posséder encore quelques vieux «réflexes» lorsqu’il demande à ses collègues «à quelle heure on joue», ou qu’il enfile son «costume» plutôt que son uniforme!  Depuis quelques mois, cet ancien du Conservatoire d’art dramatique de Genève travaille sur le terrain. Et il adore ça. «L’autorité me permet d’aider, d’aller vers l’autre. Mais j’assume aussi totalement le côté répressif», assure-t-il. Sa première bûche? Une voiture stationnée sur une place pour handicapés. Ça, il ne «supporte pas». Roberto Bestazzoni raconte avec passion son job, ne cesse de remercier ceux qui lui ont permis d’effectuer ce nouveau départ. Volubile, il retrace ses souvenirs d’acteur, ses visites aux studios de Cinecittà, d’où il s’est fait virer trois fois avant d’y entrer en limousine «à la demande de Mel Gibson». Bestazzoni avait été engagé pour jouer dans le film «La Passion du Christ». Un succès mondial sorti en 2004. Son rôle? Celui de Malchus, le soldat envoyé pour arrêter Jésus au jardin des Oliviers.  Prémonition d’une nouvelle carrière? Roberto Bestazzoni se marre encore: «Plus sérieusement, je trouve formidable l’esprit d’ouverture qui règne à Carouge. Parce que, quand même, engager un type à 50 ans!» Stéphanie Lammar, conseillère administrative carougeoise en charge de la Sécurité, fait remarquer qu’avoir «des personnes provenant de milieux et d’âges différents est une bonne chose. Roberto Bestazzoni a certes le profil le plus atypique. Mais cela enrichit un corps qui travaille beaucoup sur la police de proximité. Dans ce domaine, c’est un atout!» François Rueda, chef de poste de la municipale, souscrit totalement: «C’est une expérience supplémentaire par rapport à la diversité de nos collaborateurs. » François Rueda en sait quelque chose: dans ses rangs, il compte aussi un ancien cuisinier de chez Girardet! A 51 ans, à l’heure où des policiers sont presque à la retraite, l’agent Bestazzoni a sa carrière devant lui. Et après? Il n’exclut pas du tout de revenir à ses premières amours…